Cher Journal ;

Nous avons bénéficié de quelques jours de vacances en raison de notre mariage. Pour Pierrick, cela ne changea pas grand'chose ; mais pour moi, ce fut enfin l'occasion de souffler, de pouvoir faire une pause dans le rythme trépidant de mes longues journées alternées de gardes de nuit. Nous n'avons presque pas quitté notre chambre pendant cette lune de miel, nous consacrant pleinement l'un à l'autre, passant notre temps à nous reposer, lire et faire l'amour.

 

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Cela dit, mon métier me manque. Je m'interroge sur les patients qui se présentent à l'heure actuelle, en mon absence, en salle d'attente ; leur contact, les rires des infirmières, les drames parfois qui nous unissent, les grandes victoires sur la maladie, les coups de speed lorsque résonnent les sirènes et les longs débats nocturnes où nous échangeons nos théories, tout cela me manque. Je me sens privée de quelque chose ; j'ai dû le reconnaître : je suis accro au travail.

 

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Et puis, j'ai un autre sujet de réflexion doux amer, une pointe d'inquiétude grinçante, blessante, qui ronge tout doucement mon bonheur. Malgré toute la bonne volonté que nous y mettons, je ne suis toujours pas enceinte. Pas l'ombre d'un bébé à l'horizon. Et ce manque ci me semble plus lancinant encore. C'est une petite douleur, discrète, à peine perceptible, mais obsédante.

 

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Comme nous l'espérons, ce bébé ! Tout est déjà prêt pour lui ; la nursery, de l'autre côté du mur de notre chambre, l'attend. En vain, pour l'instant. Les peluches restent seules, immobiles, les tableaux décorent une pièce inutile, tout y semble plongé dans l'attente.

 

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J'avais toujours accusé mon travail, ma fatigue,  de m'empêcher d'être enceinte. Je me demande maintenant s'il ne faisait pas office d'un puissant dérivatif en captant mon attention, en me permettant de ne pas songer à ce vide que je ressens, à cette envie obsédante de tenir mon premier né dans mes bras. Maintenant que je suis en repos "forcé", ce manque, cette lacune, me tord le ventre.

 

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J'ai demandé à Pierrick ce que représentait pour lui le fait de devenir père. S'il désirait vraiment un enfant ... S'il ne se soumettait pas à ma volonté. J'ai eu droit à ce fameux sourire de grand gamin que j'aime tant, puis à une réponse sérieuse, mêlée de tendresse et de douceur. Oh oui, il souhaitait un enfant avec moi ; lui qui aimait tant l'enfance, pour sa joie et pour sa malice, pour toutes les promesses qu'elle représentait, il attendait ce bébé. Un petit être né de moi et de lui, dans lequel nous retrouverions nos traits et nos mimiques ; un enfant à élever, à éduquer, à aider à s'ouvrir sur le monde ; une personnalité complexe et inconnue à apprendre à aimer...

 

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Il m'a câlinée, m'a rassurée. Nous étions jeunes, nous avions le temps ; mon tempérament exigeait des résultats immédiats et tangibles, mais faire un enfant n'avait rien de commun avec une expérience scientifique démontrable et reproductible ! Ce bébé viendrait, quand il le voudrait ; nous n'avions qu'à l'attendre patiemment et nous préparer à l'accueillir.

 

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Mon cher Pierrick ! A ses câlins, à sa douceur, à sa malice qui me titille et me reproche gentiment mes travers, je ne sais résister. Je me sens fondre devant son sourire, et mon anxiété s'envole comme la brume au vent du matin.

 

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Mon désir d'enfant  est accru par la présence régulière de mes nièces aux Tourelles. Tiffaine et Mélissa adorent leurs grands parents, ainsi que la vaste salle de jeu de la demeure, et Corwin les envoie nous rendre des visites régulières.

 

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Elles ont bien compris que je ne résistais jamais à leurs grands yeux implorants, et me sollicitent pour leurs devoirs d'algèbre ou de trigonométrie. Je proteste pour la forme, arguant qu'elles progresseront mieux en étudiant par elles mêmes ; puis je cède.

 

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Nous avons un hiver précoce, la neige a déjà envahi le jardin ; durant leurs journées de vacances forcées, les petites s'y poursuivent en criant de joie, l'humaine et la lupine, en parfaite harmonie. La magie des Tourelles a encore permis ce miracle.

 

Cher Journal ;

Mon père s'est éteint ce matin.

 

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Il est passé dans l'autre monde discrètement, avec son courage tranquille, avant même d'avoir atteint le grand âge.  

 

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Il a salué calmement la Faucheuse, nous a dit au revoir, puis est parti. Les pleines lunes n'entraîneront plus de métamorphoses sous notre toit.

 

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Maman a brièvement pleuré sur mon épaule, mais avec un chagrin empreint de résignation. J'ai eu l'impression qu'elle s'attendait à ce trépas que je trouvais précoce.

 

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En effet, elle s'y était préparée. Corentin se savait atteint depuis plusieurs mois d'une maladie incurable ; et il avait refusé de m'en parler. Il ne voulait pas, m'avait expliqué Maman, devenir un patient à mes yeux ; il ne voulait plus être que mon père. Je l'avais assez soigné, il gardait ce dernier combat pour lui.

 

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Nous sommes arrivées à la même conclusion : Papa avait vécu toutes les années depuis ce brasier dramatique qui avait transformé sa vie comme un  sursis ; il les avait savourées comme autant de jours précieux, imprévus, en suspends ; comme une grâce qu'on lui faisait. Il avait, malgré sa souffrance, aimé la vie comme on aime un cadeau inespéré. Depuis cet incendie, il s'était fait à l'idée de la mort. La Faucheuse n'avait eu à rencontrer ni angoisse, ni révolte...

 

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Maman avait retrouvé le sourire quand Mélissa vint à son tour lui parler. Elle rit et plaisanta avec sa petite fille, lui expliqua qu'elle reverrait bientôt son époux, que la mort n'était pas une fin...

 

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Mais je l'ai revue, ce soir là, son regard fixé sur la nuit enneigée qui s'étendait derrière la fenêtre. Ce deuil est commencé, mais il n'est pas fini. Peut-on d'ailleurs se faire à la perte d'un être aimé ? On apprend à vivre malgré l'absence, à apprivoiser ses souvenirs pour qu'ils ne vous blessent plus, c'est tout. Une pensée fugitive m'a traversée, égoïste : pourvu que je m'en aille avant Pierrick...

 

Cher Journal ;

Maman me tape sur les nerfs.

 

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Depuis le décès de papa, elle n'a de cesse de me demander quand elle verra sa prochaine petite fille. L'héritière de notre lignée, qui prendra possession des Tourelles. Elle me chante les joies de l'enfance et de la maternité, glisse à mots couverts sur mes responsabilités, insinue qu'au deuil doit succéder  la joie de la naissance et de la vie... Bref, elle m'insupporte à un point difficilement concevable.

 

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Si ses petites phrases partaient d'une intention égoïste, si elle avait la maladresse d'exiger tout de go une descendante, je pourrais me révolter et l'envoyer dans les cordes. Malheureusement, elle pense avant tout à mon bonheur ; elle sait à quelle point la famille compte à mes yeux, et, devant la crainte que je sacrifie ma vie à mon travail, elle ne peut pas s'empêcher de glisser ses encouragements maladroits. Elle n'a absolument pas conscience qu'elle me harcèle, que ses propos sont comme du sel sur une plaie à vif, que je ne rêve que de répondre à ses attentes. Mais d'enfant, il n'en vient point.

 

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J'en viens à l'esquiver, à l'éviter, alors qu'elle rôde perpétuellement aux confins de mon champs de vision. Les Tourelles sont immenses, elles me semblent petites, trop petites pour éviter mon ange gardien qui vole à mon secours, comme un oiseau de proie devant un gibier blessé... Et je ressasse mon chagrin, mon angoisse, ma colère, à chaque cycle qui passe, quand mes règles arrivent et que dans le sang s'évacue un nouvel espoir brisé... 

 

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Je suis tendue. Malgré le repos, tout mon corps me fait mal. Je ne rêve plus que de retourner au travail, de m'évader de cette demeure bien aimée qui me semble devenue petit à petit une cage dorée. L'enfer, ce sont les autres, et il reste bien pavé de bonnes intentions. L'enfer, c'est ma mère dans l'attente, mon enfant qui se refuse à moi. Je vais reprendre le travail, m'évader de cette prison. Mais Pierrick en hiver n'a même plus la possibilité d'aller à la Ferme ; il est condamné à rester.

 

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Il ne va pas bien, lui non plus. Il se réfugie de plus en plus souvent dans ses rêves et ses jeux de gamin, s'évadant de la plus ancienne façon qu'il connaisse. Malgré le sport, il a repris du poids, et souffre de son image à nouveau altérée. Et les mots le fuient, s'envolent loin de ses pensées ; son ordinateur est devenu un adversaire impitoyable.

 

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Son dernier recueil a été accueilli comme un best seller indubitable. Cependant, il n'a pas l'ombre d'un projet pour un prochain ouvrage. Il erre de pièce en pièce, se détend, me sourit, "tout va bien aller chérie". Sauf que son esprit ne lui évoque plus une image, et que l'effort lui est devenu insupportable. C'est devenu un as de la procrastination.

 

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Son livre était excellent, subtil, drôle, élégant ; avec un scénario prenant qui nous a tous captivé de la première à la dernière ligne. Il n'est pas étonnant qu'il ait été reconnu à sa juste valeur. Pierrick est vraiment doué pour manier les mots.Nous l'avons tous adoré, aux Tourelles.

 

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Vraiment tous.

 

Cher Journal ;

Pierrick a trouvé un moyen de compenser l'absence d'enfant dans notre foyer, et le vide  qui résonne dans les pièces trop grandes.

 

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Parmi les petits travers de mon bien aimé, il y a son amour immodéré des chats. Ulysse, le matou qui vient de prendre possession de notre demeure (le chat est toujours le maître incontesté d'une maison, nous ne sommes que ses humbles serviteurs) a parfaitement compris qu'il avait en lui un esclave consentant prêt à l'adorer à sa juste valeur...

 

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A mes yeux, les chats sont d'agréables et soyeuses décorations mouvantes. Pierrick, lui, leur voue une passion immodérée, et coûteuse. Outre les frais de vétérinaire, il y a les dépenses quotidiennes de nourriture, et mes qualités d'économe se révoltent en voyant mon amour gaver sa bestiole des croquettes les plus chères.

 

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Il choie le chat avec tendresse et amour, le câline, le brosse, joue avec lui. Ulysse est devenu une parfaite compensation au bébé que nous n'avons pas encore. Évidement, le matou lui témoigne en retour une affection sans limites. Il sait bien d'où viennent les croquettes à dix simflouz les cinq cents grammes !

 

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Ils jouent ensemble et se poursuivent à travers la maison, dans un fracas de piles de livres qui s'éboulent et de bibelots brisés. Les rires et les cris résonnent à nouveau sous notre toit.

 

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C'est la raison pour laquelle je ne peux pas m'empêcher d'aimer Ulysse, malgré moi. Devant le sourire radieux qu'il fait naître sur les lèvres de mon amour.

 

Cher Journal ;

Ça y est, enfin !

 

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J'ai annoncé à mon mari la grande nouvelle : le joli petit bâtonnet au bout bleuté que j'avais laissé dans la salle de bain signait la fin de notre mélancolie... Devant son manque de réaction (Pierrick le matin n'est pas opérationnel avant au moins deux cafés) j'ai dû préciser mes propos.

 

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Le test de grossesse était positif ! J'étais enceinte ! Il allait être papa !

 

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Là, une décharge le frappa. Il avala sa salive, les yeux brillants ; puis, sans mot dire, me prit par la main. Il serra mes doigts entre les siens, en silence, avec force. Nous étions si merveilleusement heureux...

 

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Nous allions avoir un enfant !

 

Cher Journal ;

 

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Je pleure dans notre chambre, des grosses larmes amères et silencieuses qui coulent à gros sanglots et me serrent la gorge. J'ai eu mes règles ; le test était un faux positif.

 

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J'ai beau essayer de prendre sur moi, je suis blessée, affligée.... Découragée... Cet enfant ne viendra-t-il donc jamais ? J'ai essuyé mes pleurs dans un mouvements de rage. Il faut que je prenne sur moi, que je ne me laisse pas aller.

 

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Me restent ma peine, mais aussi ma colère contre ma joie passée. Comment ai je pu croire un simple test de grossesse ? Pourquoi n'ai je pas patienté, attendu d'être sûre, avant de me réjouir et de blesser Pierrick ?

 

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Parce qu'il n'y a pas que moi que cet échec anéantit. Pierrick est resté devant moi compatissant et rassurant, se souciant avant tout de ma tristesse.

 

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Mais je sais qu'il s'est réfugié dans son bureau pour être seul, pour affronter son propre chagrin, sa propre blessure.

 

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Et c'est incroyable que cet enfant que nous voulons ensemble nous sépare, et que, pour nous épargner l'un l'autre, nous nous isolions pour affronter ce manque lancinant, cette nursery vide.

 

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Demain, je retourne au travaille. Je vais retrouver mon exutoire. Je ne parlerai plus de cette grossesse. Je protégerai Pierrick.

 

Cher Journal ;

 

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Le travail me réussit toujours, et j'y brille toujours autant. Je suis désormais neurochirurgienne. Une seule promotion me sépare de mon objectif. Cette pensée me motive, me stimule, et j'étudie, inlassablement.

 

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La population de Dragon Valley est hétéroclite, on y croise toutes les races, tous les milieux sociaux. Et toute la variété des maladies connues semble s'y concentrer.

 

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Alors, je me consacre à mon sacerdoce. J'examine, je diagnostique, j'administre les traitements, et je recommence. Les crépuscules d'hiver me retrouvent encore au travail chaque soir.

 

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Seul le dimanche me renvoie aux vastes pièces vides des Tourelles. Je n'ai pas pu le supporter, je me suis enfuie. Mes pas m'ont conduite jusqu'au parc bleu,  là où mon amour avait vu le jour. Un puit m'y attendait. Le traditionnel puit aux souhaits de Dragon Valley, comment avais je pu l'oublier ? Dans cette contrée fabuleuse, le puit aux souhaits n'est pas qu'une légende... Il est réellement magique.... Je lançais ma pièce.

 

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Et le voeu sembla se réaliser ! Des esprits des eaux, étincellants de lumière, s'élevèrent de la surface des flots, et convergèrent vers moi...

 

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Une sphère lumineuse se constitua à mes pieds, éclatante...

 

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Nous aurons deux chats, désormais.

 

Cher Journal ;

 

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Pénélope, le chaton accordé par la magie du puit, s'entend relativement bien avec Ulysse. Le gros matou a flairé précautionneusement la minuscule boule de poils qu'on lui présentait, sans acrimonie, puis l'a léchée !

 

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Cela dit, s'il témoigne une attention distante mais plutôt sympathique au chaton, notre matou se préoccuppe surtout de ses activités habituelles.

 

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De toutes ses activités habituelles. Dont celle de dormir dix huit heures par, jour.

 

Cher Journal ;

 

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Pierrick m'a fait part d'une proposition : il souhaiterait que nous prenions rendez vous à l'hôpial en consultation spécialisée. Que nous tirions au clair la question douloureuse de notre infertilité.

 

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Je l'ai remercié avec chaleur. J'étais arrivée à la même conclusion, qu'il était nécessaire de savoir. Si un problème médical devait nous empêcher d'être parents, si nous devions nous orienter vers le long et difficile parcours de l'adoption, il fallait le savoir. Notre indécision ne pouvait pas durer.

 

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Ce fut un acte de courage pour Pierrick. Il a très peur d'être stérile, d'être responsable à ses yeux de l'anéantissement de mes rêves et de ma lignée. Statistiquement, l'infertilité masculine est la plus fréquente... Je pouvais lire dans son attitude ses angoisses, ses remords. Comme s'il y pouvait quelque chose...

 

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Alors, je l'ai pris dans mes bras. Je ne regretterai jamais de l'avoir épousé, en aucun cas. Je voulais qu'il soit le père de mes enfants, et s'il fallait en passer par l'adoption, nous le ferions.

 

Cher Journal ;

Nous avons consulté ; nous avons subis d'innombrables examens plus ou moins désagréables, parfois franchement humiliants. Mais nous l'avons fait de concert.

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L'attente des résultats fut longue et pénible. Puis vint le temps du second rendez vous, des conclusions. La tension était palpable. Alors ?

 

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Alors ? Alors rien, nous n'avons aucun problème d'ordre médical. Nous devrions avoir des enfants tôt ou tard. L'interne était heureuse de nous l'annoncer, plaisanta en réclamant un faire part le moment venu. Nous nous sentions soulagés, mais surpris. Dans ce cas de figure, qu'est ce qui retardait cette grossesse ? Un blocage psychologique ?

L'interne rougit, bafouilla, puis commença à nous donner un cours d'éducation sexuelle... Nous avons dû l'interrompre avec délicatesse.

 

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Je crois qu'on domine le sujet, là... On pouvait s'en passer, de ce cours...

 

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Cela dit, il faut reconnaître que notre vie intime, si elle reste tout à fait satisfaisante, n'a plus la qualité d'autrefois. Ce désir de procréer s'insinue comme une arrière pensée aux moments les plus tendres.

 

Cher Journal ;

La vie continue. Maman me laisse un peu tranquille, les chats vaquent à leurs occupations, et Pierrick lutte contre son clavier pour parvenir à rédiger quelques phrases.

 

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Je remercie encore mon bien aimé pour l'adoption d'Ulysse. Maman aussi l'a pris en affection, ce qui fait qu'elle a un peu moins de temps à me consacrer.

 

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Les jours passent, mais celui ci restera gravé dans ma mémoire : je suis arrivée à l'apogée de ma carrière médicale. Je suis désormais une spécialiste scientifique reconnue. Mon rêve de gamine s'est réalisé.

 

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Mon premier acte, arrivée au sommet, a été de lire attentivement la somme des publications du Professeur Ponti. J'y ai comme prévu trouvé un ramassis d'erreurs, d'approximations et de préjugés sur la lycanthropie. Un bref mémo, adressé au Conseil de l'Ordre, a suivi ma lecture.

 

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Papa, tu peux reposer en paix. J'ai commencé mon oeuvre. Les lupins seront désormais soignés avec autant de compétences et d'attention que les autres gens.

 

Cher Journal ;


On devrait toujours écouter sa maman.

 

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Ce coup ci, il m'a été impossible d'esquiver ma mère en rentrant à la maison. Elle s'est donc empressée de me reprocher une fois de plus de négliger une part de moi même, et je m'apprêtais à protester quand elle a précisé :

-  "la part magique."

 

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La part magique ? Qu'entendait-elle par là ? J'étais probablement la plus lamentable sorcière de notre lignée, je ne savais même pas lancer un piège de glace ! Faire apparaître des pommes représente le summum de mes compétences en matière de sortilèges, et elles ne sont en général pas consommables. Quant à l'alchimie, je n'avais jamais ouvert un grimoire ...

 

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"Il y a d'autres formes de magie, Mélusine. Fais appel à la PMA, la procréation médicalement assistée..."

 

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La procréation magiquement assistée... j'avais beau me creuser les méninges, impossible de voir ce à quoi elle voulait faire allusion.

 

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Un sortilège que je ne connaissais pas ? Si la magie pouvait donner l'amour, ou du moins une forme illusoire d'amour, elle ne pouvait pas me rendre enceinte pour autant...

 

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Mon brillant cerveau fatigue. j'ai mis longtemps à comprendre que ma descendance dépendait d'un autre génie que moi même. La lampe magique, bien sûr, pouvait m'accorder ce voeu...

 

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Rayonnante, j'ai demandé au Génie de mettre fin à mon attente... Une jubilation douce m'envahissait. La lumière de la magie a fusé, le miracle a eu lieu.

 

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Je suis si heureuse ! Je vais enfin être maman !